Réaction au communiqué de presse de Max Havelaar

Le Comité de soutien à Christian Jacquiau a reçu – indirectement – le communiqué de presse de Max Havelaar daté du 21 décembre 2010, qui prétend « rétablir la vérité sur le procès qui l’oppose à Christian Jacquiau. »

Nous vous en proposons une lecture intégrale ici, et ci-dessous, une lecture croisée avec la réaction de Christian Jacquiau aux propos (mis en couleur) qui y sont tenus.




« Max Havelaar rétablit la vérité sur le procès qui l’oppose à Christian Jacquiau

L’association Max Havelaar France souhaite rétablir la vérité face à l’appel à solidarité en faveur de Christian Jacquiau qui circule sur Internet. Dans une interview du magazine L’Echo des Savanes (n° 269 de juin 2008), ces propos de Christian Jacquiau ont été retranscrits : « Max Havelaar fait travailler des quasi-esclaves ». Nous ne pouvions pas laisser dire cela. L’association Max Havelaar France affirme son attachement à la liberté d’expression. En effet, lorsque Christian Jacquiau a publié Les coulisses du commerce équitable en 2006, en critiquant de façon virulente l’action de l’association, aucune action en justice n’a été engagée. C’est seulement quand il a franchi une ligne rouge que Max Havelaar France, au nom du commerce équitable et du mouvement Fairtrade, a décidé d’aller en justice pour demander des preuves de cette accusation calomnieuse. »

Christian Jacquiau se réjouit que Max Havelaar reconnaisse ici qu’une ligne rouge n’a été franchie qu‘avec la publication de cet « article », ce qui signifie qu’aucune « ligne rouge » n’a été franchie auparavant et revient à reconnaître ce que chacun sait : que les critiques formulées dans Les coulisses du commerce équitable sont argumentées et incontestables.

« Il faut rappeler que les propos en question ont été publiés dans une interview croisée avec Christian Jacquiau et Joaquin Muñoz, directeur de l’association Max Havelaar France. Christian Jacquiau assure n’avoir pas tenu ces propos. Joaquin Muñoz estime de son côté que ses déclarations n’ont pas été déformées. C’est pour cela que nous n’avons pas porté plainte contre la publication. »

Christian Jacquiau s’interroge :

• Comment l’association Max Havelaar peut-elle se satisfaire de voir traiter le commerce équitable d’une façon générale – et Max Havelaar en particulier – sous une rubrique titrée « Escroc-logie » ?

• Comment peut-elle accepter, sans réagir, l’illustration qui accompagne l’article qui tend à faire croire que le surplus que peuvent retirer les producteurs sous contrat avec Max Havelaar se limiterait aux moyens de l’acquisition d’un fouet destiné à faire augmenter les rendements de leurs salariés ?

• Et comment expliquer surtout que Max Havelaar s’obstine à le poursuivre alors que l’association ne peut ignorer que celui qu’elle prétend être journaliste – s’étant présenté à l’association sous sa véritable identité mais à lui sous un faux nom (celui utilisé pour la signature de l’article) – est en réalité un imposteur professionnel revendiqué ?

« Le jugement de l’affaire a été rendu le 21 juin 2010 et a confirmé que Christian Jacquiau a bien tenu ces propos. Il a été donc condamné à payer une réparation de principe de 1 euro et 3 000 euros de frais de justice (selon l’article 700 du code de procédure civile). L’appel à solidarité publié sur Internet dit : « En appel, Max Havelaar France demande au Tribunal de confirmer la condamnation de Christian Jacquiau et de le débouter de toutes ses demandes. »

Or, c’est Christian Jacquiau qui a décidé, seul, de faire appel de ce jugement. Il s’expose ainsi à ce que la justice revoit la demande de 100 000 euros que l’association avait réclamée en réparation du préjudice moral, professionnel et d’image subi par ses propos. »

Le jugement (prochainement consultable dans son intégralité sur le site www.christian-jacquiau.fr) ne confirme en aucune façon le fait que  » Christian Jacquiau a bien tenu ces propos « .

Christian Jacquiau confirme ce qui est indiqué dans l’appel du Comité de soutien et précise que les lourdes menaces qui pèsent sur lui (100 000 € de dommages et intérêts auxquels s’ajoutent une multitude de frais dont le cumul s’approche des 150 000 €) résultent bien de la demande de Max Havelaar, formulée dans ses conclusions récentes, déposées par l’association, le 9 septembre 2010, dans le cadre de la procédure d’appel.

« Si au terme du procès en appel le juge condamnait Christian Jacquiau à payer cette réparation, les fonds seraient utilisés au bénéfice des familles agricoles du commerce équitable.

L’association Max Havelaar France est toujours ouverte au débat transparent et démocratique. »

En septembre dernier, Christian Jacquiau a demandé à Max Havelaar, afin de faire face aux frais de justice auxquels l’expose cette affaire depuis maintenant plus de deux ans, un moratoire quant à la somme qu’il lui devait après sa condamnation, en attendant la décision de la cour d’appel.

La réponse de Max Havelaar, par courrier recommandé, a été la suivante :

« Il ne nous est absolument pas possible de renoncer au paiement de cette somme, sauf à ce que :
1) vous renonciez à votre appel,

2) vous reconnaissiez publiquement par le biais d’un communiqué dans un hebdomadaire national, que vous n’avez jamais voulu tenir de propos malveillants et erronés à l’égard de notre association et que vous vous engagez du reste à l’avenir à ne pas porter de jugement hâtif et mal fondé à l’égard de notre association ».

À cela, Christian Jacquiau a répondu regretter que l’association prétende être victime de « propos hâtifs et infondés » de sa part, car le droit de critique existe en démocratie et les débats que suscitent son livre, tout au contraire, sont de nature à inciter à davantage d’équité dans les échanges. Cet objectif devrait davantage les rapprocher que les opposer…
Il regrette également l’amalgame qui est fait entre un ouvrage – certes critique mais documenté et argumenté – et l’imposture manifeste dont il est (ils sont, lui et Max Havelaar…) victime(s).

Il a ajouté que, dès connaissance de la publication de cet article (du fait de l’assignation de Max Havelaar), il a immédiatement demandé la publication d’un droit de réponse à l’Écho des savanes, mais la revue n’a donné aucune suite à sa demande. Christian Jacquiau proposait à Max Havelaar de faire une demande conjointe d’un droit de réponse, ce que L’Écho des savanes n’aurait probablement pas pu refuser.

La seule réponse de Max Havelaar a été l’envoi, mi-novembre dernier, d’un commandement « aux fins de saisie vente » délivré à son domicile par des huissiers.

« A de nombreuses occasions, nous avons voulu débattre publiquement avec Christian Jacquiau qui a systématiquement refusé ce dialogue. »

Christian Jacquiau s’étonne de cette affirmation, et nous certifie qu’il n’a absolument jamais été convié par aucun représentant de Max Havelaar à débattre. Il a d’ailleurs demandé à la responsable des relations publiques de Max Havelaar, expéditaire de ce communiqué à certains signataires de notre appel, de lui préciser à quelle date, à quel endroit, à quelle occasion, il aurait été invité à débattre et par quel moyen il aurait exprimé son refus de participer au dialogue. À ce jour, aucune réponse ne lui a été apportée.

« Fairtrade /Max Havelaar est un mouvement citoyen qui promeut des valeurs de justice.

L’association souhaite que ce différent soit résolu dans les meilleurs délais et fait confiance à la justice pour le traiter impartialement. »

Christian Jacquiau ne considère pas avoir personnellement ni de différend, ni de contentieux avec Max Havelaar. Des divergences de vues sur l’évolution du commerce équitable, sans aucun doute, mais est-ce répréhensible ?

Il a été victime des agissements d’un individu qui s’est présenté à lui sous le faux titre de journaliste et sous une fausse identité, lui prêtant des propos qu’il n’a jamais tenus avant de s’évaporer dans la nature.

L’association Max Havelaar France, qui se revendique « mouvement citoyen », promouvant des « valeurs de justice » aurait pu, en parfaite connaissance des circonstances de cette interview totalement bidonnée (comme chacun aura prochainement tous les éléments pour le constater, sur le site de Christian Jacquiau), agir pour que la vérité et l’équité l’emportent sur toutes autres considérations.

Il n’est pas trop tard ! Max Havelaar est encore en mesure d’abandonner ses poursuites et de faire le nécessaire pour que la condamnation de Christian Jacquiau soit annulée. C’est l’objet de notre appel, approuvé à ce jour par plus de 2300 signataires qui exhortent Max Havelaar à faire preuve de bon sens. Nous sommes déterminés et mènerons ce combat jusqu’au bout pour défendre la liberté d’informer et d’être informé !

Le Comité de soutien à Christian Jacquiau

19 janvier 2011